17Mai
17 mai 2019

Après l’incendie de la cathédrale, l’architecte Jean-Michel Wilmotte a lancé l’idée de reconstruire la charpente en métal et de la couvrir de titane. Philippe Hostaléry, directeur général du CTICM donne son point de vue.

Quelques jours après la catastrophe de l’incendie de Notre-Dame de Paris, le CTICM, Centre Technique Industriel de la Construction Métallique, n’a pas encore été interpellé sur les solutions à apporter à la reconstruction du monument historique. Cependant, passé le temps de l’émotion, « les équipes se sont mises à réfléchir », reconnaît Philippe Hostaléry, Directeur Général de cet organisme qui travaille de concert avec le SCMF, Syndicat de la Construction Métallique de France.

Pour cet expert précédemment chargé, chez Bureau Veritas, du contrôle des charpentes en métal et en bois dans les opérations de grande envergure, il semble difficile de retenir la solution bois pour reconstruire cet ouvrage.

« On n’a plus les arbres de dimensions suffisantes pour faire, à l’identique, une telle charpente Déjà, au 19ème siècle, le métal a été la solution retenue pour reconstruire la charpente de la cathédrale de Chartres qui avait subi la même infortune. » indique Philippe Hostaléry.

Le comportement du métal est prévisible

L’exemple a été donné par l’échafaudage de chantier : il s’est déformé mais a tenu malgré le brasier. À ce titre, Philippe Hostaléry estime que la puissance thermique émise a été probablement considérablement plus importante que celle d’un feu ISO retenu dans le code de calcul des structures. Par ailleurs, il évoque qu’outre le bois, la poussière accumulée dans ces combles a pu être un facteur aggravant.

Quels avantages retenir en faveur du métal ? « On sait calculer une structure métallique, évaluer les reports de charges, maîtriser la dilatation, prévoir son comportement à haute température… Avec le bois aussi, mais avec moins de précision », relativise-t-il. Et, avantage décisif : la masse combustible du métal est nulle.

Lancée sur différents médias par l’architecte Jean-Michel Wilmotte, la solution d’une charpente métallique et d’une couverture en titane serait selon P. Hostaléry « une excellente idée. Ça ne bougerait pas. De plus, avec la réhabilitation réussie du Collège des Bernardins à Paris, cet architecte a toute légitimité pour en parler » Pour ce qui concerne spécifiquement la couverture en titane, il s’interroge : « Sur le papier, ce matériau répond à tous les critères de durabilité, de poids… », mais il est rare et très cher.

Photo©Pascal Poggi; Source : batirama.com / Bernard Reinteau